Si tu traînes un peu sur moto125cc.fr, tu sais que je reçois pas mal de messages. Des questions sur le débridage, des demandes de conseils pour une première bécane, des avis sur tel ou tel modèle. Mais le message d’André, c’est autre chose. Ce lecteur de 67 ans m’a envoyé un pavé qui m’a cloué sur ma chaise. Un de ces messages qui te file la chair de poule. Parce que la passion moto 125, c’est pas une question de cylindrée. C’est une question de tripes. André roule depuis 1971. Il a eu des grosses, des moyennes, des japonaises, des italiennes, des américaines. Et pourtant, quand il parle de ses 125, ses yeux s’allument (enfin, façon de parler, c’était par écrit, mais tu vois l’idée). Alors aujourd’hui, je te partage son histoire. Parce que ce gars a fait avec une 125 ce que la plupart des motards ne feront jamais, même avec une 1200.

⚡ Pas le temps de lire ?
  • 50 ans de moto : André roule depuis 1971, il a commencé le cross en carrière à 12 ans sur une Flandria
  • 67 000 km en Yamaha DTR 125 : sa moto du quotidien entre 2003 et 2009, reçue des mains de Jean-Claude Olivier chez Yamaha France
  • 660 km de nuit en 125 : son premier vrai voyage moto, d’Oyonnax à La Palmyre, à peine son permis en poche
  • Des dizaines de grosses cylindrées au compteur (GSXR 1100, Harley 1340, Africa Twin…) et pourtant il revient toujours à la 125
  • Objectif 100 000 km : André veut remettre sa DTR en route et franchir le cap des six chiffres

André, un lecteur pas comme les autres

Du cross en carrière à 12 ans à la Suzuki GT 125

André n’a pas attendu le permis pour attraper le virus. En 1971, à 12 ans, il faisait déjà du cross dans les carrières avec une Flandria. Le genre de gamins qui rentrait à la maison couvert de boue avec un sourire impossible à effacer. Deux ans plus tard, en 1973, il roulait sur sa première Flandria Record Super 5. Et en 1975, à force de boulots saisonniers et de détermination, il s’est payé sa première vraie 125 : une Suzuki GT 125.

Cette Suzuki GT, c’est devenue bien plus qu’une moto pour lui. Il en a eu plusieurs au fil des années. L’une d’elles a avalé près de 60 000 km en deux ans. Une autre l’a accompagné de 1977 jusqu’aux années 90, avec tellement de bornes au compteur qu’il ne saurait même plus les chiffrer. Il avait fini par remplacer le cadre (fissuré), monter des roues alu, et la bécane tournait encore. Il vient d’ailleurs d’en racheter une de 1976, première main, pour la restaurer un jour. Le gars ne lâche rien.

660 km de nuit pour son premier vrai voyage en 125

Quatre jours après avoir décroché son permis 125, André a fait un truc que la plupart d’entre nous n’oseraient même pas en grosse cylindrée. Départ d’Oyonnax, direction La Palmyre près de Royan. 660 km. De nuit. Départ vers 23h, arrivée vers 10h30 le lendemain. Sur une moto qui avait à peine 800 km au compteur.

Pour ceux qui ont grandi avec les stations 24h/24 et le GPS, petit détail d’époque : il n’y avait pas de stations automatiques dans les années 70. André a dû s’arrêter à Montluçon et attendre l’ouverture d’une pompe, avec un jerrycan de 5 litres en secours. Ce genre de détail, ça te remet les pieds sur terre. Si tu prépares ton prochain voyage en 125cc, dis-toi que ce lecteur faisait la même chose il y a 50 ans, sans GPS, sans smartphone et sans filet de sécurité.

Après ce baptême du feu, André n’a plus jamais arrêté. Bords de mer, vacances, Le Castellet, Le Mans pour le Bol d’Or, Charade, Magny-Cours, concentrations moto, grandes étapes, trajets de nuit. Pluie, neige, froid, chaleur, grêle. 0 degré, 35-38 degrés, de jour comme de nuit. Le gars roule par tous les temps. Il n’y a pas de « mais » qui tienne.

Pourquoi la 125 reste sa moto de cœur

Des dizaines de grosses cylindrées au compteur

Fin 1977, André a passé le permis gros cube. La liste de ses motos, c’est un truc de dingue. Accroche-toi :

Marque / Modèle Cylindrée Type
Honda CB 750 Four (plusieurs) 750cc Roadster
Yamaha 350 RDLC 350cc Sportive
Suzuki GSXR 1100 1100cc Sportive
Harley-Davidson 883 Sportster 883cc Custom
Harley-Davidson 1200 Sportster 1200cc Custom
Harley-Davidson 1340 Softail 1340cc Custom
BMW R90S 900cc Roadster
Honda Africa Twin 750cc Trail
Yamaha Super Ténéré / Ténéré / XTZ 660 600-750cc Trail
Triumph 900 Sprint / 900 RF 900cc Sport-touring

GSXR 1100, Harley 1340 Softail, BMW R90S, Africa Twin… Le bonhomme a roulé avec du sérieux. Il a aussi fait de l’enduro moto pendant près de vingt ans, de la 125 à la 600, avec toutes les cylindrées intermédiaires. Il mentionne les 125 YZ homologuées parmi ses favorites. À 17 ans, il avait même failli se lancer en course de côte avec une 125 Motobécane S, une des dernières vraies 32 chevaux, grâce à un concessionnaire, l’Union motocycliste de l’Ain et un pool de sponsors. Un accident de voiture en 1977 (double fracture du crâne, coma, fractures multiples) a mis ce projet en pause. Il a repris sa licence en 1997 pour l’endurance tout-terrain.

Et pourtant, c’est toujours la 125 qui gagne

Et c’est là que ça devient intéressant. Avec un CV moto pareil, n’importe qui aurait rangé les 125 au rayon des souvenirs de jeunesse. Pas lui. Dans son message, il écrit : les 125 sont toujours restées à part. Et quand tu lis la suite, tu comprends que c’est pas juste de la nostalgie.

Il a gardé une Motobécane LT2 de 1973 complète, dans son jus, à remettre en route. Il vient de racheter une Suzuki GT de 1976 première main à restaurer. Et sa Yamaha DTR 125, il veut lui faire dépasser les 100 000 km. Quand un gars qui a roulé en GSXR 1100 et en Harley 1340 te dit que la 125 lui donne des sensations que les grosses cylindrées ne donnent pas toujours, tu fermes ta bouche et tu écoutes. Si tu hésites encore entre plusieurs modèles, jette un œil au guide des motos 125 vintage pour comprendre ce qui rend ces machines si spéciales.

La Yamaha DTR 125 : 67 000 km et ce n’est pas fini

Une moto reçue des mains de Jean-Claude Olivier

En 2003, grâce à Yamaha, André a eu une DTR 125 neuve remise en main propre par Jean-Claude Olivier en personne, à Saint-Ouen-l’Aumône. Pour ceux qui ne connaissent pas le nom, Jean-Claude Olivier c’était le patron de Yamaha Motor France, une légende du rallye-raid et de l’enduro. André a passé la journée chez Yamaha, visité l’entreprise, l’atelier de préparation des machines d’endurance et de rallye-raid. À midi, il a mangé à la droite d’Olivier. À sa gauche : David Frétigné. En face : Jean-Jacques Kowalski et Marie-Claude Mafiolo. Du beau monde.

Le soir même, il est rentré par la route jusqu’à Oyonnax. Départ vers 17h, arrivée vers 1h du matin. 560 à 570 km, de nuit, sous la pluie, avec de la neige à l’arrivée. Les 100 derniers kilomètres par l’autoroute. En 125. Le jour même où on lui a remis la moto. Ce mec ne fait pas semblant. Pour en savoir plus sur ce trail mythique qu’est la Yamaha DT 125, on a un guide complet qui retrace toute l’histoire de la gamme.

Débridage propre et préparation longue distance

André n’est pas du genre à bricoler à l’arrache. Sa DTR est débridée proprement : échappement, valve YPVS, une dent de plus au pignon, pneus Pirelli Scorpion en dimensions supérieures (90/90-21 à l’avant, 120/80-18 à l’arrière). Résultat : la moto tire un peu plus long, roule facilement à 90-95 km/h compteur à 6 500 tr/min sans hurler, s’insère très bien dans le trafic et peut tenir 110-120 km/h quand la situation le demande.

Sur route, à 90-95 km/h, André dit qu’on roule souvent plus vite que le trafic automobile réel et qu’on passe son temps à doubler. Avec une consommation de 4,5 à 5 litres aux 100, même à deux dessus, il trouve ça remarquable. Et franchement, il a raison. Si le sujet du débridage t’intéresse, on a un guide complet sur le débridage d’une 125 qui t’explique tout, y compris les aspects légaux.

Entretien et fiabilité : le bilan après 67 000 km

En presque 70 000 km, André n’a fait que l’entretien logique. Pas de casse moteur, pas de surprise mécanique, pas de grosse galère. Voici le détail :

Poste d’entretien Détail
Pneus Pirelli Scorpion, dimensions majorées
Plaquettes de frein Remplacées selon usure
Batteries Remplacées (consommable normal)
Kit chaîne Regina à joints toriques, monté vers 35 000 km, encore impeccable
Silencieux arrière Remplacé
Huile de fourche Passée à un indice plus élevé (plus épais)
Fourche Entretoises de 3 cm, tubes remontés
Suspension arrière Abaissée
Bras oscillant Graissage + remplacement axes, bagues, cages à aiguilles
Embrayage Encore d’origine après 67 000 km

Un embrayage d’origine après 67 000 km sur un moteur deux temps, c’est le genre de chiffre qui parle tout seul. Le kit chaîne Regina monté à 35 000 km est encore en parfait état. C’est la preuve qu’une 125 bien entretenue, avec des pièces de qualité et un pilote qui respecte sa mécanique, peut durer très, très longtemps. Pour les curieux, la fiche technique complète de la DTR 125 2003 est disponible sur Motoplanète. André a même fait plus de 600 km dans une seule journée avec cette DTR, et jusqu’à 450 km à deux avec sa femme. Si tu veux savoir quels trails 125 sont faits pour avaler les kilomètres, la DTR reste une valeur sûre sur le marché de l’occasion.

Ce qu’une 125 deux temps apprend qu’une grosse cylindrée n’enseigne pas

Là, on arrive au truc qui m’a vraiment fait réfléchir dans le message d’André. Après 50 ans de moto et des dizaines de bécanes de toutes cylindrées, le gars est catégorique : une bonne 125 deux temps bien entretenue est une vraie moto. Pas un jouet, pas un engin de débutant. Une vraie moto, point.

Selon lui, la 125 oblige à piloter proprement. Tu ne peux pas compenser une erreur de trajectoire en ouvrant les gaz comme sur un gros cube. Tu dois anticiper, garder de la vitesse en courbe, lire la route en permanence, chercher la motricité et le grip. Bref, tu apprends à rouler, vraiment. Et les sensations sont là : la légèreté, la nervosité du deux temps, le bruit de l’échappement, la réactivité de la valve YPVS quand le moteur passe dans la zone. Essaie de retrouver ça sur un moteur de 1000cc suralimenté. Bonne chance.

André résume ça en une phrase qui m’a marqué : une 125 bien conçue et bien conduite peut emmener loin, longtemps, et donner énormément de plaisir. Venant d’un gars qui a possédé une GSXR 1100, une Harley 1340 Softail et une BMW R90S, c’est pas le genre de truc que tu balais d’un revers de main.

🏍️ Quiz : Es-tu un vrai passionné de 125 ?

6 questions pour tester ta culture 125cc. Réponds et découvre ton profil !

Le mot de Jamel

Quand j’ai lu le message d’André, je me suis dit : c’est pour ça que je fais ce site. Pas pour les fiches techniques (bon, ça aussi). Mais pour ça.

André a 67 ans, il roule depuis plus longtemps que la plupart d’entre nous n’existent. Il a possédé des motos qui font rêver n’importe quel motard. Et il te dit, droit dans les yeux, que la 125 lui donne des sensations uniques. C’est pas moi qui le dis, c’est un gars avec 50 ans de selle et des centaines de milliers de kilomètres dans les bras.

Si toi aussi tu as une histoire à raconter, un parcours de passionné, un témoignage sur ta 125, envoie-moi un message. Je serai content de te lire et de partager ton expérience ici. Parce que la route appartient à ceux qui osent tourner la poignée des gaz, peu importe la taille du moteur.

Quelques clichés des aventures de André durant toutes ces années

Conclusion

André m’a rappelé un truc que j’oublie parfois à force de rédiger des fiches techniques : la moto 125cc, c’est pas un compromis. C’est un choix. Et quand un gars de 67 ans avec un garage qui ressemblerait à un musée te dit que sa DTR à 67 000 bornes lui file plus de frissons que ses anciennes grosses, tu te dis que la passion moto 125 a encore de belles années devant elle. Merci André. Et si t’es toujours en train de lire : on attend des nouvelles quand tu passes les 100 000.

FAQ

Peut-on voyager sur de longues distances en moto 125 ?

Oui, et André en est la preuve. Il a parcouru plus de 600 km en une seule journée avec sa DTR 125, et même 450 km à deux. La clé, c’est une moto bien entretenue, un rythme régulier autour de 90-95 km/h, et des pauses toutes les 1h30 à 2h. Les nationales et départementales sont tes meilleures alliées.

La Yamaha DTR 125 est-elle fiable sur le long terme ?

Le bilan d’André parle de lui-même : 67 000 km avec un entretien courant (pneus, plaquettes, kit chaîne, batteries) et zéro casse moteur. L’embrayage est encore d’origine. C’est du Yamaha deux temps, fiable et robuste si tu respectes les intervalles d’entretien et que tu utilises de l’huile de qualité.

Quelle consommation pour une Yamaha DTR 125 ?

André annonce 4,5 à 5 litres aux 100 km, y compris en duo. Avec un réservoir de 10 litres, l’autonomie tourne autour de 200 km, ce qui impose des arrêts réguliers sur les longs trajets mais reste très économique par rapport à une grosse cylindrée.

Pourquoi les motards expérimentés reviennent-ils à la 125 ?

Parce que la 125 oblige à piloter avec finesse. Pas de puissance brute pour rattraper une erreur : il faut anticiper, garder de la vitesse, lire la route. André, qui a roulé en GSXR 1100 et en Harley 1340, dit que la 125 lui procure des sensations que les grosses ne donnent pas toujours. La légèreté, la nervosité et la simplicité mécanique créent un lien direct entre le pilote et la route.

Combien de kilomètres peut tenir un moteur 125 deux temps ?

Avec un entretien sérieux, un moteur deux temps 125 peut dépasser les 60 000-70 000 km sans reconstruction majeure, comme le prouve la DTR d’André. La longévité dépend surtout de la qualité de l’huile, du respect des rapports de mélange, et de l’absence de surchauffe prolongée. André vise les 100 000 km avec la sienne.

Comment entretenir une Yamaha DTR 125 pour la faire durer ?

Les points essentiels selon l’expérience d’André : huile de qualité, graissage régulier du bras oscillant (axes, bagues, cages à aiguilles), kit chaîne à joints toriques (le Regina tient remarquablement), huile de fourche adaptée (indice supérieur à l’origine), et vérification régulière des plaquettes et pneus. La simplicité mécanique du deux temps est un atout : moins de pièces, moins de pannes potentielles.