Je vais être direct : Damon Motorcycles, c’est fini. Le site damon.com affiche une erreur 404 depuis le 20 avril 2026. Plus de page d’accueil, plus de fiche technique, plus rien du tout. Juste un message « Site not found » sur fond blanc. Pour une marque qui promettait de révolutionner la moto électrique avec 200 chevaux, 320 km/h et 300 km d’autonomie, c’est un épilogue franchement sordide. Mais ceux qui suivaient la faillite de Damon Motorcycles depuis quelques années ne peuvent pas dire qu’ils ne l’ont pas vu venir. Ce naufrage s’annonçait à coups de promesses repoussées, de démissions discrètes et de communiqués en novlangue corporate qui ne voulaient rien dire.
- Site fermé : damon.com est hors ligne depuis le 20 avril 2026, erreur 404.
- Zéro livraison : plus de 3 500 précommandes, aucune moto livrée en 9 ans d’existence.
- Direction en fuite : le PDG, le DAF et tout le conseil d’administration ont démissionné en mars 2026.
- Remboursements dans le flou : les acomptes sont théoriquement récupérables, mais personne ne sait vraiment comment ni par qui.
- Mauvais signal pour l’électrique : après Energica, Cake et Fuell, Damon vient grossir le cimetière des startups qui ont promis sans jamais livrer.
Damon Motorcycles : quand la startup canadienne faisait rêver tout le monde
200 ch, 320 km/h, CoPilot : des specs qui ont tout raflé
Faut remettre les choses en contexte. En janvier 2020, Damon débarque au CES de Las Vegas avec sa HyperSport. Ambiance électrique, c’est le cas de le dire. La moto annonce 200 chevaux, 200 Nm de couple, une vitesse de pointe à 320 km/h et une autonomie frôlant les 300 kilomètres. Sur le papier, c’est la moto électrique que personne n’osait imaginer. Et ce n’est pas tout : la HyperSport embarque aussi le système CoPilot, un radar à 360° assisté par intelligence artificielle censé anticiper les dangers autour du pilote en temps réel. Il y a aussi le système Shift, qui permet de modifier la position de conduite en roulant, de passer du mode sport au mode confort sans s’arrêter. Des trucs de science-fiction qui, à l’époque, ont fait tourner pas mal de têtes dans l’industrie.
Les précommandes ont afflué. Les articles élogieux aussi. Damon avait trouvé l’angle parfait : vendre du rêve à des motards qui doutaient encore de l’électrique en sport. Et franchement, sur le papier, ça tenait la route.
Plus de 3 500 précommandes et 90 millions de dollars levés
Les chiffres donnaient le vertige. À son pic, Damon revendiquait plus de 3 500 véhicules précommandés, ce qui représentait environ 90 millions de dollars de réservations. La marque s’est introduite en bourse sur le Nasdaq. Fondée en 2017 par Jay Giraud et Dominic Kwong depuis Vancouver, la startup avait toutes les caractéristiques d’une success story de la mobilité électrique en devenir. Sauf que la réalité industrielle, elle, n’attendait pas. Et n’a pas attendu.
La chute lente : démissions, retards et silence radio
Une direction qui s’évapore en quelques semaines
Les signaux d’alarme se sont multipliés bien avant la fermeture du site. En février 2025, le directeur technique Derek Dorresteyn quitte le navire. Pas un bruit. Quelques mois plus tard, d’autres cadres suivent. En janvier 2026, il ne reste plus que deux employés référencés sur le site : le VP Cloud et le VP Vehicle Dynamics. Deux personnes. Pour une marque censée produire des motos de série et livrer des milliers de clients. C’est là que t’as compris que quelque chose clochait vraiment.
Le coup de grâce arrive le 27 février 2026. Un communiqué publié un vendredi soir (le timing n’est jamais anodin) annonce la démission collective du conseil d’administration, PDG Dominic Kwong et DAF Dino Mariutti inclus. Mariutti avait été nommé DAF trois semaines plus tôt seulement. Aucun plan de succession, aucun repreneur annoncé, juste quelques lignes vagues sur des « défis insurmontables ». Le genre de phrase qui dit tout sans rien dire.
Neuf ans d’existence, zéro moto livrée
C’est le chiffre qui résume toute l’affaire. Depuis la création de la marque, pas une seule Damon n’a été livrée à un client. En décembre 2025, la marque affirmait encore que son prototype HyperSport Race était « terminé à 70% ». Ce qui, dans la réalité, signifiait 0% de moto dans les mains des acheteurs. Des gens qui avaient versé des acomptes allant de 100 à 1 000 dollars, parfois depuis 2020. Cinq ans d’attente pour se retrouver avec une confirmation de précommande et un site web éteint.
| Date | Événement |
|---|---|
| 2017 | Fondation de Damon Motorcycles à Vancouver (Canada) |
| Janv. 2020 | Présentation de la HyperSport au CES : 200 ch, 320 km/h annoncés |
| 2021-2024 | Levées de fonds, introduction au Nasdaq, précommandes à 90 M$ |
| Fév. 2025 | Départ du directeur technique Derek Dorresteyn |
| Déc. 2025 | Le prototype HyperSport Race déclaré « terminé à 70% » |
| 27 fév. 2026 | Démission collective du PDG, DAF et conseil d’administration |
| 20 avr. 2026 | Site damon.com hors ligne, erreur 404 |
Le site disparaît : le silence comme seule réponse
Le 20 avril 2026, quiconque tapait damon.com dans son navigateur tombait sur une page d’erreur Netlify. « Site not found. » Tous les modèles en ligne, disparus. Toutes les fiches techniques, volatilisées. Les formulaires de contact, fermés. La page Relations Investisseurs, elle, restait curieusement accessible. Ce détail dit beaucoup sur les priorités de la marque jusqu’au bout : les gens qui avaient mis de l’argent dans l’action pouvaient encore se connecter. Les gens qui avaient précommandé une moto, non.
Sur les réseaux sociaux, les comptes existent encore, mais certains n’ont pas été mis à jour depuis deux ans. Des profils fantômes pour une marque fantôme. Aucune annonce officielle de fermeture. Aucun email aux précommandeurs pour les informer de quoi que ce soit. Juste le silence. C’est d’ailleurs ce silence qui choque le plus dans toute cette histoire : des milliers de clients laissés dans le flou total, sans aucun interlocuteur.
Damon, Energica, Cake, Fuell : le cimetière des startups moto électrique
Damon n’est pas un cas isolé, loin de là. Le secteur de la startup moto électrique accumule les naufrages depuis quelques années, et c’est un vrai problème pour la crédibilité de la filière entière. Si tu t’intéresses aux alternatives électriques qui existent vraiment, tu connais peut-être déjà le scooter électrique Nerva Exe 2 ou le Zero LS1. Des marques qui livrent réellement des machines, elles. Mais dans la colonne des projets évaporés, la liste fait mal :
💀 Startups moto électrique : l’état des lieux
Filtre par statut pour voir qui est encore debout :
| Marque | Pays | Statut | Motos livrées ? |
|---|
La différence entre les marques qui tiennent et celles qui coulent, elle est assez simple : les premières livrent des motos. Que tu regardes le Talaria Komodo ou n’importe quel autre modèle électrique sérieux du moment, il y a un point commun : des machines qui existent physiquement, pas des slides de présentation pour investisseurs.
Que peuvent espérer les 3 500 précommandeurs ?
C’est la vraie question. Et la réponse honnête, c’est : pas grand-chose de certain pour l’instant. L’ancienne directrice marketing de Damon a bien déclaré que les acomptes versés étaient théoriquement remboursables. Mais « théoriquement », c’est exactement le mot qui fait mal. Avec un PDG parti, un DAF parti, un conseil d’administration parti, des comptes bancaires dont personne ne connaît l’état et une infrastructure de communication entièrement éteinte, comment tu obtiens ton remboursement concrètement ? Personne ne le sait. Si tu as versé un acompte, la piste la plus sérieuse reste de contacter directement ta banque ou ton émetteur de carte pour tenter un chargeback.
Ces 3 500 personnes ont attendu des années une moto qui n’a jamais existé en série. Au-delà du préjudice financier, il y a quelque chose de plus diffus mais tout aussi réel : chaque faillite de ce type rend le travail des marques sérieuses un peu plus difficile. Les gens qui ont eu les doigts brûlés par Damon vont hésiter deux fois avant de précommander quoi que ce soit. Et c’est dommage, parce que des alternatives électriques qui tiennent vraiment leurs promesses, comme le montre notre tour d’horizon des scooters électriques 125cc français, ça existe bel et bien.
Ce que ça dit des startups moto électrique en 2026
Le modèle « précommande + levées de fonds + promesses techniques » a montré ses limites. Construire une moto électrique haute performance, c’est un défi industriel énorme. Le passage du prototype à la production en série coûte des centaines de millions d’euros et demande une logistique que la plupart des startups ne savent pas gérer seules. Les marques moto qui réussissent dans l’électrique ont toutes un point commun : elles ont commencé modeste, elles ont livré, et elles ont grandi ensuite. Pas l’inverse.
Si tu veux rester dans la boucle sur les vraies nouveautés en moto 125cc électrique sans te faire embobiner par des promesses en l’air, jette un oeil à notre sélection des meilleures motos sportives 125cc. Des machines qui existent, qu’on peut acheter, et surtout qu’on peut rouler.
Conclusion : un naufrage prévisible, des leçons à ne pas oublier
La disparition de Damon Motorcycles ne surprend personne qui suivait la marque depuis un moment. Les signaux étaient là depuis des mois : démissions à répétition, aucune livraison, communication de plus en plus rare. Ce qui choque davantage, c’est l’absence totale de communication envers les clients au moment du naufrage final. Pas un email, pas une annonce, juste un site qui s’éteint dans le silence. Ces 3 500 personnes méritaient clairement mieux que ça. En attendant, si l’électrique t’intéresse pour ton prochain deux-roues, concentre-toi sur les marques qui ont des motos physiques à vendre. Ça semble basique. Mais vu ce qui vient de se passer avec Damon, ça mérite d’être rappelé.
Damon Motorcycles a-t-elle vraiment fait faillite ?
Damon Motorcycles n’a pas officiellement déposé le bilan au sens juridique du terme, mais la situation équivaut à une fermeture de fait : le site est hors ligne depuis le 20 avril 2026, tout le conseil d’administration a démissionné en mars 2026 et aucune moto n’a jamais été livrée à un client en 9 ans d’existence.
Les précommandeurs Damon vont-ils être remboursés ?
L’ancienne directrice marketing de Damon a indiqué que les acomptes étaient théoriquement remboursables. En pratique, la mécanique de remboursement est floue : il n’existe plus aucun interlocuteur opérationnel chez Damon. Si tu as versé un acompte, contacte directement ta banque ou ton émetteur de carte pour tenter un chargeback.
Combien de motos Damon ont été livrées au total ?
Aucune. En neuf ans d’existence et malgré plus de 3 500 précommandes représentant environ 90 millions de dollars de réservations, Damon Motorcycles n’a livré zéro moto à des clients. Le prototype HyperSport Race était déclaré terminé à 70% en décembre 2025.
Qu’est-ce que le système CoPilot de Damon ?
Le CoPilot était un système de sécurité annoncé par Damon, basé sur des capteurs et de l’IA pour scanner l’environnement à 360° autour de la moto et anticiper les dangers. C’est l’une des fonctionnalités qui avait le plus impressionné lors du CES 2020. Elle n’a jamais été produite en série.
Pourquoi autant de startups moto électrique font-elles faillite ?
Construire une moto électrique haute performance nécessite des investissements industriels colossaux que la plupart des startups sous-estiment largement. Le passage du prototype à la production en série implique une chaîne logistique complexe, des certifications coûteuses et des délais très longs. Les modèles basés sur les précommandes et les levées de fonds sans livraison réelle sont particulièrement risqués pour les clients.
Quelles alternatives électriques sérieuses existent en 125cc ?
Des marques comme Zero Motorcycles, Super Soco, Seat MO ou Silence proposent des scooters et motos électriques 125cc disponibles chez des revendeurs. Ces marques ont un avantage simple sur Damon : elles livrent des modèles qui existent, testés et homologués.