La Honda NSR 125, c’est pas une moto qu’on présente comme une fiche technique. C’est une moto qu’on raconte. Des milliers de gamins des années 90 l’ont enfourché en se prenant pour Doohan sur le circuit du coin, et honnêtement, avec le son de ce 2 temps et la zone rouge à 11 000 tr/min, on les comprend. Elle a arrêté d’être produite en 2001. En 2025, elle se vend encore. Ca dit tout.

Est-ce que ca vaut le coup d’en chercher une aujourd’hui ? Quelle génération choisir et à quel prix ? On regarde tout ca.

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  • 3 générations : la NSR 125 a existé sous les versions JC01, JC20 et JC22, de 1985 à 2001
  • Moteur 2 temps : 124,8 cm3 refroidi par liquide, zone rouge à 11 000 tr/min, autour de 140 km/h en version bridée
  • Confort inattendu : selle biplace large, position moins agressive que l’Aprilia RS ou la Cagiva Mito
  • Budget occasion : entre 800 et 2 500 euros selon la génération et l’état
  • Points à vérifier : valves ATAC, pompe à eau, segmentation moteur, roulements sur les premières séries

L’histoire de la Honda NSR 125 : d’où vient cette légende ?

Les origines : la NS 125 R et l’influence des 500 cc de GP

Pour comprendre la NSR 125, il faut remonter un peu en arrière. Honda avait une bête de course en GP : la NSR 500. Quatre cylindres, 500 cm3, des pilotes comme Doohan ou Crivillé dessus, des championnats du monde en veux-tu en voilà. Le marketing s’est dit : pourquoi ne pas décliner ce nom pour les petites cylindrées ? C’est comme ca que la gamme NSR s’est construite, du 50 au 400, avec la 125 au milieu.

La première version, la NS 125 R, débarque en 1985. Cadre double berceau en acier, moteur 2 temps refroidi par liquide, look sport déjà bien marqué. Pour l’époque, c’était costaud. Si tu veux avoir une idée de ce qu’était la concurrence sur le segment 2 temps à cette époque, jette un oeil à notre guide complet sur la Yamaha DT 125, une autre icône 2 temps qui roulait sur les mêmes routes que la NSR.

Les 3 générations à connaître (JC01, JC20, JC22)

La NSR 125 a évolué en trois grandes versions. Pas juste des changements de stickers, des vraies évolutions mécaniques et esthétiques.

JC01 (1985-1987) : la version d’origine. Cadre acier double berceau, deux disques de frein de 240 mm à l’avant, moteur Gilardoni fabriqué en Italie. Le problème ? Ce moteur italien n’était pas à la hauteur de la réputation Honda en termes de fiabilité. Des problèmes de pompe à eau et de roulements sont apparus rapidement sur ces premières séries.

JC20 (1988-1993) : là, les choses sérieuses commencent. Honda passe à un cadre aluminium sur la version NSR-R et revoit sa copie sur le bloc moteur. Le système de valve ATAC (Automatic Torque Amplification Chamber) gère l’admission des gaz pour élargir la plage de puissance. Plus fiable, plus rigide, plus fun. C’est cette génération qui a converti des milliers de jeunes à la moto sportive.

JC22 (1994-2001) : l’évolution finale. Honda assemble désormais la moto quasi entièrement au Japon avant expédition vers l’Italie pour assemblage final. Look inspiré de la NR 750 avec les fameux optiques « Fox Eye », cadre périmétrique, meilleures valves, finition en progrès. C’est la génération la plus facile à trouver en occasion et la plus recommandable pour un achat aujourd’hui.

Fiche technique de la Honda NSR 125

Le moteur 2 temps, le vrai truc qui fait la diff

Le coeur de la NSR 125, c’est un monocylindre 2 temps refroidi par liquide, 124,8 cm3. En version bridée à 15 ch (comme imposé par la réglementation A1 de l’époque), elle est déjà correcte. Mais tout le monde sait que cette moto était conçue pour aller bien au-delà avec une simple modification du boîtier CDI et un réjetting carburateur.

En dessous de 7 000 tr/min, le moteur est presque discret. Trop discret. Tu cherches la puissance, elle n’est pas là. Et puis les valves ATAC s’ouvrent, le son change, l’accélération change, et là tu comprends pourquoi on a aimé cette moto. Zone rouge à 11 000 tr/min, vitesse de pointe autour de 140 km/h en version bridée. Avec une préparation légère, on dépasse ca sans forcer.

Caractéristique JC01 (1985-87) JC20 (1988-93) JC22 (1994-2001)
Cylindrée124,8 cm3124,8 cm3124,8 cm3
Puissance bridée11 ch13 ch15 ch
CadreDouble berceau acierAlu (NSR-R)Périmétrique
Freinage avant2x disque 240 mm1x disque 316 mm1x disque 316 mm
Poids~120 kg~118 kg~122 kg
Vitesse max (bridée)~130 km/h~140 km/h~140 km/h

Partie cycle, look et équipements

Ce que personne ne dit sur la NSR 125 : elle est confortable. Vraiment. Pour une sportive 125, c’est presque anormal. La selle double est large, la position n’est pas aussi agressive qu’une Aprilia RS, les semi-guidons sont relevés à une hauteur qui ménage les poignets sur les longs trajets. Honda a clairement voulu une moto qui se pilote au quotidien, pas juste un week-end sur circuit.

Le tableau de bord est sobre : compte-tours et compteur de vitesse, sans fioritures. La zone rouge à 11 000 tr/min rappelle que ce moteur veut tourner vite pour exprimer son caractère. Le look de la JC22 est un hommage à la NR 750 : optiques « Fox Eye », carénage structuré, arrière profilé. Pour une moto de l’époque, le design a plutôt bien vieilli.

Honda NSR 125 en conduite : qu’est-ce qu’elle vaut vraiment ?

En ville, sur route, sur circuit… comment elle se comporte ?

En ville, la NSR 125 est correcte sans être parfaite. Son rayon de braquage est généreux (environ 5 mètres de diamètre), ce qui rend les demi-tours serrés un peu laborieux. En dessous de 7 000 tr/min, le moteur manque de mordant, ce qui oblige à jouer de l’embrayage dans les embouteillages. Pas idéal, mais gérable.

Sur route, c’est là que la moto prend tout son sens. Les valves s’ouvrent, la puissance arrive d’un coup, et tu comprends pourquoi des gars l’ont gardée plus de dix ans. Elle accroche bien dans les courbes, la direction est précise, les freins sont dosables malgré leur puissance.

Sur circuit, avec une préparation légère (CDI et gicleurs), elle devient franchement sérieuse. Des propriétaires racontent avoir suivi des 600 cm3 dans les virages avec une JC22 bien préparée. À nuancer, évidemment, mais l’idée est là.

Ses points forts et ses faiblesses honnêtes

Points forts : confort surprenant pour une sportive, moteur 2 temps joueur à haut régime, look soigné et intemporel, pièces encore disponibles, communauté active.

Points faibles : entretien plus coûteux qu’un 4 temps moderne, moteur sans caractère en dessous de 7 000 tr/min, les JC01 ont des soucis de fiabilité sur la pompe à eau et les roulements, et trouver un bon exemplaire en 2025 demande du temps.

Acheter une Honda NSR 125 d’occasion : le guide complet

À quel prix trouver une NSR 125 aujourd’hui ?

Le marché de l’occasion pour la NSR 125 est actif mais capricieux. Les prix varient beaucoup selon la génération, l’état général et l’historique d’entretien.

  • JC01 (1985-1987) : 400 à 900 euros. Réservé aux passionnés qui savent faire de la mécanique.
  • JC20 (1988-1993) : 700 à 1 500 euros. Le bon équilibre entre prix et fiabilité si la moto est bien entretenue.
  • JC22 (1994-2001) : 1 000 à 2 500 euros. La plus recommandable, la mieux documentée, avec le plus de pièces disponibles.

Une NSR 125 à moins de 500 euros, c’est soit une épave soit un dossier. Au-dessus de 2 000 euros, exige une facture de révision récente et un carnet d’entretien. Si tu cherches d’autres pistes pour dénicher une moto avec du caractère sur le marché de l’occasion, notre guide des motos 125 vintage à choisir peut t’orienter vers d’autres options.

Les points à inspecter avant d’acheter

Le moteur en priorité : mets la moto en première vitesse et pousse-la à l’arrêt. La roue ne doit pas tourner librement. Si elle tourne, la segmentation est rincée. Un réalésage s’impose au-delà de 40 000 km sur tous les modèles.

Les valves ATAC : c’est le point critique de la JC22. Un boîtier de commande défaillant ou un CDI d’origine trop bridé vont te coûter de l’argent. Sur la JC22, le remplacement du CDI et du boîtier de valves est souvent nécessaire pour avoir les vraies performances. Prévois le budget.

La pompe à eau : sur les JC20 distribuées entre 1988 et 1994, le joint de carter peut sécher et laisser fuir. Regarde bien sous la moto, cherche des traces de liquide de refroidissement.

Les disques de frein : les JC01 avec leurs deux disques de 240 mm s’usent vite. Vérifie l’usure et le voile éventuel.

Les roulements : sur les premières versions (1985-1987), contrôle le jeu au niveau des roulements de roues et de bras oscillant. Évite surtout les motos nettoyées au karcher : les roulements ne sont pas étanches.

Quelle génération NSR 125 est faite pour toi ?

1. Quel est ton budget ?

2. Ton niveau en mécanique ?

3. Ton usage principal ?

Honda NSR 125 vs la concurrence : Aprilia RS, Cagiva Mito...

Sur le segment des sportives 125 2 temps, la NSR 125 n'était pas seule. Elle a cohabité avec des machines italiennes qui avaient davantage de mordant mais aussi plus de contraintes.

La Cagiva Mito 125 était plus agressive, plus légère, avec un caractère racing plus affirmé. Mais son entretien coûtait cher et les pièces se raréfient aujourd'hui. L'Aprilia RS 125 était dans la même veine : exigeante, efficace, pas faite pour les flemmards de l'entretien.

La NSR 125, elle, c'est la sportive qui accepte un passager sans le martyriser. Position moins extrême, selle plus large, fiabilité plus prévisible. Pas la plus rapide du lot, mais celle qui peut faire 300 km dans la journée sans que tu finisses avec les poignets en compote. Si tu veux comparer les meilleures sportives 125 disponibles aujourd'hui, notre classement des meilleures motos sportives 125 fait le tour de la question.

Aujourd'hui le 2 temps a disparu du neuf. Toutes les sportives 125 modernes sont en 4 temps. La NSR 125 se retrouve donc dans une catégorie particulière : moto de collection pas encore hors de prix, avec un caractère que les nouvelles générations ne peuvent plus reproduire.

Conclusion

La Honda NSR 125 en occasion sous 2 500 euros, c'est une des rares façons de rouler sur quelque chose qui a vraiment du caractère. Elle n'est pas parfaite. Elle est capricieuse sous 7 000 tr/min, elle demande de l'entretien, et trouver un bon exemplaire prend du temps. Mais quand les valves s'ouvrent et que tu entends ce son, tu comprends pourquoi des gens l'ont gardée vingt ans. Si tu es patient pour la trouver en bon état, le reste suit.

FAQ

La Honda NSR 125 est-elle accessible avec un permis A1 ?

Oui, la Honda NSR 125 est accessible avec un permis A1 (ou l'ancien permis B avec la pratique de 2 ans). Elle entre dans la catégorie des motos 125 cm3 limitées à 15 ch, conforme à la réglementation A1.

Quelle est la différence entre la JC20 et la JC22 ?

La JC20 (1988-1993) est la deuxième génération avec cadre aluminium sur la version NSR-R. La JC22 (1994-2001) est la troisième génération, avec un cadre périmétrique, les optiques Fox Eye, des valves améliorées et une fabrication davantage japonaise. La JC22 est en général plus facile à trouver et à entretenir aujourd'hui.

Combien consomme une Honda NSR 125 ?

La NSR 125 consomme entre 4 et 5 litres aux 100 km en utilisation normale. Attention, elle tourne à l'essence mélangée avec de l'huile de synthèse 2 temps (via le réservoir Autolube ou en prémix), ce qui ajoute un coût à prendre en compte.

Les pièces de la Honda NSR 125 sont-elles encore disponibles ?

Oui, relativement bien. Les JC22 sont les mieux loties avec des pièces encore disponibles chez des spécialistes 2 temps et sur les marchés de pièces d'occasion. La communauté NSR est active et des fournisseurs alternatifs proposent des pièces adaptables pour le carénage, les joints moteur ou les équipements de freinage.

La Honda NSR 125 peut-elle emmener un passager ?

Oui, la NSR 125 dispose d'une selle biplace et d'une poignée passager. La suspension arrière absorbe correctement le poids à deux. Ce n'est pas la configuration la plus confortable pour de longs trajets, mais pour des balades de quelques heures, elle s'en sort mieux que ses concurrentes italiennes de l'époque.

À propos du Jedi

Je suis Jamel, le casse-cou des deux-roues, le roi des 125cc, et le gars qui préfère l’odeur de l’essence à celle des lattes de soja (sorry les hipsters). Touche pas à mes cylindres si t’es né après 2010 et que tu crois qu’un scooter c’est juste un truc pour Uber Eats. Je suis là pour t’apprendre que la route, c’est une philosophie, pas juste un trajet entre ton canapé et le McDrive.

JEDI des scooters, le philosophe des carburateurs, ou encore le poète de la béquille centrale, je fais de mes journées un rodéo entre guides pratiques et tests de matos. Pas besoin de promesse à la Elon Musk (on ne vise ni la lune ni Mars ici), mais je peux t’assurer une chose : t’auras les meilleurs conseils pour chevaucher ta bécane comme un seigneur.

Et si tu pensais que c’était juste pour faire genre, sache que chaque mot est une clé pour ouvrir les portes de ta prochaine aventure motorisée. Je suis là pour te prouver qu’un bon 125cc, ça change une vie – et que la tienne mérite mieux qu’un vieux scooter déclassé à la batterie défaillante. Roule droit, roule fier, et oublie jamais : la route appartient à ceux qui osent tourner la poignée des gaz.